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À Propos

À Propos

Sfiya est une artiste visuelle basée à Montréal et titulaire d’une maîtrise en architecture de l’École Nationale Supérieure d’Architecture et de Paysage de Bordeaux (France). Son travail a été présenté dans le cadre de plusieurs événements artistiques majeurs, dont Drawing Now Paris (2026), Plural à Montréal (2026), la Foire en art actuel de Québec (2025), Art Toronto (2025), artch (2024), Mtl en Arts (2024), Pictura (2023) et Art Souterrain (2022). Elle a également collaboré avec le Musée des beaux- arts de Montréal dans le cadre du projet Landline (2023).

Elle a participé à diverses expositions à New York, à Montréal et à Québec, notamment dans les galeries Aicon Art (2026) et Chiguer Art Contemporain (2025). En 2021, elle a présenté sa première exposition individuelle, H’rira, au Centre culturel marocain de Montréal.

Récipiendaire d’une bourse du Conseil des arts et des lettres du Québec, elle a réalisé le projet Œil pour Œil, présenté à Montréal à Fais-moi l’art (2024), puis au Centre culturel Georges-Vanier (2025) et à Shawinigan au Centre d’exposition Léo-Ayotte (2026).

À l’automne 2026, Sfiya présentera sa troisième exposition individuelle, Le Théâtre imaginaire de Ouled Saïd, un projet soutenu par le Conseil des arts du Canada, qui sera présenté à la Maison de la culture Notre-Dame-de- Grâce – Monkland à Montréal.

Sfiya interroge les enjeux identitaires de la diaspora nord-africaine en explorant les mécanismes de construction et de transmission de la mémoire dans un contexte migratoire.

Son travail, profondément narratif, puise dans les récits transmis oralement par sa famille et sa communauté. À travers le conte, le dessin et la peinture, elle explore comment l’expérience de la migration amène à s’approprier une mémoire par procuration, héritée et habitée à distance par des descendant·e·s qui cherchent à comprendre et à se relier à un passé identitaire qu’iels n’ont pas directement vécu.

Son récent projet Le Théâtre imaginaire de Ouled Saïd constitue l’aboutissement de cette recherche menée de longue date. Soutenu financièrement par le Conseil des arts du Canada, il met en scène une nostalgie imaginée pour la tribu de Ouled Saïd au Maroc, terre d’origine de son grand-père. À partir des récits familiaux, Sfiya a peu à peu recréé Ouled Saïd dans son imaginaire, jusqu’à façonner la nostalgie d’un lieu qu’elle n’a jamais foulé — et qui n’a peut-être jamais existé.

Dans des décors qu’elle façonne elle-même, l’artiste met en scène ses retrouvailles fictives avec des habitant·e·s imaginé·e·s. Concevoir Ouled Saïd comme un théâtre lui permet de reconnaître la subjectivité inhérente à son regard. Elle assume pleinement cette posture pour s’enfoncer dans un espace de création libre, capable de combler, ou non, l’absence d’une expérience réelle du lieu. Cette exploration soulève une interrogation centrale : la diaspora fabrique-t-elle des « décors mentaux » pour se relier à des origines difficiles d’accès ?

Le mémoire comme un espace de fiction

Sfiya aborde la mémoire diasporique comme un espace de fiction. Par le récit, le dessin et la peinture, elle édifie un lieu où se superposent différentes époques, espaces et réminiscences, investissant des territoires qui se racontent sans toujours se transcrire.

La mémoire se libère de l’obligation d’exactitude pour devenir une métaphore visuelle d’expériences plurielles, générant un sentiment d’appartenance partagée et réparant en partie les pertes liées à la migration. Sfiya déploie un vocabulaire visuel imprégné de scènes agricoles marocaines, d’animaux ruraux et d’ornements équestres de la tbourida.

Traitée avec une palette volontairement restreinte, cette iconographie fait se confondre les personnages avec les paysages qu’iels cherchent à retrouver. Souvent placée au centre de la composition, la figure affirme l’aspect scénique de l’œuvre et renvoie à la frontalité des photographies de famille, suspendant le temps pour donner corps à cette mémoire inventée.

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